L’animation japonaise permet toutes les folies et ne s’en prive pas. Dans « The Tatami Time Machine Blues », c’est avec le temps qu’elle s’amuse ! Et le résultat est tout simplement fabuleux.
The Tatami Time Machine Blues est un animé mis en scène par Shingo Natsume.
Tout commence par une télécommande de climatisation cassée un jour étouffant d’été. Les habitants de la résidence estudiantine se demandent donc ce qu’ils vont faire pour survivre à la saison. L’heure est ainsi venue d’élaborer un plan. C’est alors qu’un étudiant de 25 ans dans le futur, peu élégant, arrive dans une machine à voyager dans le temps. Ils vont ainsi aller et venir à travers les jours pour essayer de récupérer la télécommande avant qu’elle ne soit cassée.
Une histoire bien ficelée
Tout d’abord, il faut savoir que le scénariste de la série n’est autre que Makoto Ueda. L’homme serait-il obsédé par le concept du temps ? Déjà derrière la plume qui a donné vie à En Boucle ou Beyond the Infinite Two Minutes, on peut y voir un indice certain qui répondra à la question. Ici encore, il arrive surtout à rendre fluide une œuvre au concept au départ un peu compliqué.

Malgré les voyages dans le temps incessants, l’histoire retombe en effet toujours sur ses pieds et ne perd aucunement le spectateur. Au contraire même, ce dernier est accroché à cette intrigue aux multiples ramifications qui cache bien des surprises.
Le voyage est vertigineux et subjugue par son intelligence, porté également par une réalisation des grands soirs !
Plein les yeux !

La série est produite par Science SARU, une valeur sûre de notre époque. Créée par Masaaki Yuasa, elle est ainsi derrière nombre de ses œuvres dont nous vous avons souvent parlées ici avec amour et passion. Citons ainsi rapidement Inu-Oh, Ride your Wave ou Keep your Hands off Eizouken!.
Les productions du studio japonais sont ainsi toujours poussées par une grande créativité et une flamboyance esthétique. Yuasa est aussi celui qui a mis en scène The Tatami Galaxy, animé se déroulant dans le même univers que The Tatami Time Machine Blues. Shingo Natsume (One Punch Man, Space Dandy), le réalisateur de ce dernier, est donc allé à bonne école et s’inspire de son glorieux aîné dans la forme comme dans le fond. On a vu pire modèle, c’est vrai, et ça se sent.

La réalisation se permet ainsi toutes les folies, les distorsions et les plans biscornus. Tout est très coloré et le design des personnages charmant, avec leurs membres pour la plupart exagérément élancés. Un parti pris parfait pour mettre en scène une histoire aussi loufoque que mélancolique.
Et si ?

Il est indéniable que l’on rit énormément en suivant The Tatami Time Machine Blues. Pourtant, ce dernier mot à la fin du titre n’est pas là par hasard. Il y a en effet un sentiment de nostalgie qui traverse ses épisodes, comme c’est souvent le cas dans les histoires de voyage dans le temps.
Car la plupart du temps, l’objectif devient rapidement non pas de découvrir le futur mais bien de découvrir comment le changer. Qui n’a jamais rêvé de contrôler son destin en sachant quelles décisions seront celles qui le mèneront avec certitude au bonheur ?

Les personnages de l’animé sont face à ce dilemme et chacun veut, quelque part, avoir une chance de s’en offrir au moins quelques miettes. Mais il n’y a qu’une machine et bien des avenirs en jeu. Résultat : un torrent de surprises et de quiproquos s’abat sur le spectateur médusé qui ne sait plus où donner de la tête.
Avec son intrigue joliment mêlée à un vibrant hommage au cinéma, The Tatami Time Machine Blues nous invite à nous laisser porter par son vent de folie à la trajectoire aussi bien écrite que surprenante. En six épisodes, l’anime vous tiendra en haleine pendant un peu plus de 2h pour vous laisser, dans ses dernières minutes, avec un beau sourire sur le visage.

Il est disponible en intégralité sur Disney Plus.
Stéphane Hubert

















































