Il est plutôt rare de saisir les regards sur les visages de ses âmes renfermées sur elles-mêmes. C’est dans cette atmosphère tantôt brûlante, tantôt froide des éclats de couleurs pastel, que nous vous proposons aujourd’hui de découvrir dans un style « tranche de vie », l’artiste ダイスケリチャード / Daisuke Richard.

Plongez dans le cadre compressé et exigu d’un train de vie à la fois vivant mais profondément solitaire. Explorez des figures figées dans le temps, vibrez au fil des images et sachez capter le mouvement de ses êtres anonymes, qui, dans leurs propres univers, s’illustrent artistiquement de bien des manières. Des univers personnels crées pour s’extraire d’un quotidien souvent étouffant. C’est ce que tente d’exprimer l’artiste japonais Daisuke Richard.

Au Japon, la famille autant que la société exercent une lourde pression sur les enfants pour qu’ils réussissent leurs études, leur vie, et cela dès leur plus jeune âge : il faut rentrer dans l’école maternelle la plus cotée pour passer ensuite à la meilleure école primaire, puis le collège, le lycée, l’université sans oublier le mariage à l’horizon, avant l’heure fatidique… Si jeune et déjà si vieux à la fois. Leur vie privée s’en voit souvent réduite à zéro.

En plus de la scolarité normale, la plupart des élèves sont inscrits dans de chers cours privés, les « Jukus« , pour optimiser leurs chances de réussite. Ces cours du soir sont devenus un passage quasi obligé pour compléter le savoir dispensé par l’école traditionnelle et réussir les exigeants concours d’entrée à l’université. Les élèves y reçoivent des devoirs, qui s’ajoutent à la pile de ceux à faire pour l’école. En résulte pour les élèves de longues heures de travail, un temps de sommeil réduit, moins de loisirs, moins de temps pour soi… Certains craquent, se déconnectent du monde, s’anonymisent.

@daisukerichard
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Et à cette pression omniprésente, se rajoute parfois la volonté des parents pour que leur enfant suive un chemin qu’ils ont déjà tracé (reprise de l’entreprise familiale, devenir médecin/ingénieur comme le père…). Au point que certains adolescents doivent avoir le sentiment légitime de ne pas être maître de leur vie.

@daisukerichard
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C’est une quasi constante dans les représentations japonaises artistiques et urbaines de ces temps incertains : une douce mélancolie qu’on cherche tous désespérément à compenser, notamment par l’accumulation matérielle dans nos micro-espaces ou la consommation d’expériences excitantes lors des maigres temps de liberté.

Il reste cette question obsédante qui nous assaille : À quoi peuvent-elles bien penser, quelle expression anime leur regard que l’artiste nous cache si soigneusement ? Tristesse, résignation, détermination ? Et – pensée terrifiante ! – s’il n’y avait que du vide ? Si, en définitive, celles-ci ne pensaient plus la vie pour la rendre supportable ?

@daisukerichard
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Et vous, que ressentez-vous en contemplant ces images ?

D’autres œuvres de Daisuke Richard sont disponibles sur son compte instagram et son site internet.

Mr Japanization