Une écrivaine rancunière cherche à se venger dans le film « The Hotel of my Dream ». Et quand elle est incarnée par la talentueuse Non, on ne peut que se régaler.

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The Hotel of my Dream est un film japonais sorti en 2024, réalisé par Yukihiko Tsutsumi (la trilogie 20th Century Boys). Il s’agit d’une adaptation d’un roman de Yuzuki Asako publié au Japon en 2012.

Nous y suivons Kayoko (Non), une jeune écrivaine prometteuse qui peine à faire paraître son premier ouvrage malgré un prix littéraire remporté. Les critiques publiques acerbes de l’éminent Higashijujo (Takitoh Kenichi) ont en effet anéanti ses rêves littéraires.

Pour se relancer, elle loue une chambre à l’hôtel Hill Top, lieu de prédilection de tous les grands écrivains. Qui occupe la chambre au-dessus de la sienne ? Higashijujo ! Avec l’aide de son éditeur Endo (Tanaka Kei), Kayoko élabore alors un plan pour saboter le critique, qui peine lui-même à respecter ses propres délais d’écriture.

Tout ou rien…

Le monde de l’édition n’est pas un havre de tranquillité. Loin de là. Le long-métrage s’amuse ainsi à nous le montrer de manière parodique, certes, mais sans jamais vraiment s’éloigner de la vérité.

The Hotel of my Dream

D’un côté, les apprentis écrivains qui sont prêts à tout pour réussir. De l’autre, ceux qui ont justement atteint une popularité nationale mais qui ne trouvent plus l’inspiration. Aussi les éditeurs qui mettent la pression sur leurs poulains. Et si ces derniers les déçoivent, pourquoi ne pas les lâcher et partir à la chasse pour en trouver d’autres ?

Le scénario est gentiment corrosif mais s’embaume d’un effluve comique tellement épais que l’on pense surtout à rire.

The Hotel of my Dream : pas l’endroit pour pleurer !

Le film est en effet une machine à sourire. Le rythme y est effréné, les situations rocambolesques et son histoire pleine de surprises.

The Hotel of my Dream

L’intrigue se déroule sur plusieurs années et permet ainsi de suivre l’évolution des deux écrivains à travers leurs fourberies et autres trahisons qui marquent leurs carrières. Les hauts et les bas s’enchaînent au gré des péripéties que le spectateur ne voit jamais venir.

On se croit souvent dans une pièce de boulevard et on peut facilement placer The Hotel of my Dream dans la catégorie des œuvres qui font du bien. De celles que l’on prend plaisir à revoir encore et encore.

Et, oui, tout ça, c’est surtout grâce à Non.

Comment tirer la couverture à soi ?

En France, la dernière fois que l’on a vu Non au cinéma, c’était dans Tempura. Un film markété comme une comédie mais qui ne l’était pas vraiment, plus le portrait d’une femme souffrant de dépression que d’une épanouie.

The Hotel of my Dream

L’actrice est pourtant formidable dans le registre comique et elle le prouve à nouveau avec pertes et fracas dans The Hotel of my Dream.

Tornade pétillante et malicieuse, elle multiplie les minauderies et les coups fourrés pour arriver à ses fins. Non pas par méchanceté, mais simplement parce qu’elle pense que son talent n’est pas apprécié à sa juste valeur. Elle y va même de ses déguisements, telle une apprentie agent secret. La comédienne est flamboyante et, même si ses partenaires ne sont pas en reste, sa fougue les éclipses.

Un véritable récital dans un écrin à la belle histoire.

Pousser la porte pour rester à la page

L’histoire du film se déroule dans les années 80 et on retrouve ici avec joie le charme de l’époque. Encore plus celui du quartier Jimbocho à Tokyo, haut-lieu du monde du livre.

C’est en effet ici que vous trouverez encore aujourd’hui de nombreuses librairies et des maisons d’édition. Et aussi un endroit culte pour bien des écrivains : l’hôtel Hill Top.

Non

C’est ainsi entre ses murs que se déroule une grande partie de The Hotel of my Dream et ce n’est pas un hasard. Ce bâtiment de style art déco fut en effet pendant longtemps le refuge des écrivains en devenir comme confirmés.

Ils y trouvaient le calme pour y peaufiner ou terminer leurs romans. Yukio Mishima (Le Pavillon d’or) et Yasunari Kawabata (prix Nobel de littérature en 1968) en avaient par exemple fait leur cocon. L’établissement a hélas fermé ses portes en 2024 pour rénovations et celles-ci sont toujours en cours au moment où sont écrites ces lignes.

The Hotel of my Dream

Vous l’aurez compris, The Hotel of my Dream est un petit bonbon humoristique et nostalgique porté par une Non irrésistible.

Et il est à découvrir en streaming gratuit jusqu’au 4 novembre sur le site du Japan Film Festival. Alors ne le ratez surtout pas !

– Stéphane Hubert