« Sumo do sumo don’t » est la comédie parfaite pour lancer l’été sur une note légère et attachante. Un film qui fait du bien sur un sport qui traverse les époques sans prendre une ride.
Sumo do sumo don’t est un film écrit et réalisé par Masayuki Sui en 1992.
L’histoire suit Shuhei (MOTOKI Masahiro), jeune étudiant préférant faire la fête plutôt que de se plonger dans ses livres. Grâce à ses relations familiales, un poste dans une grande entreprise lui est pratiquement garanti après l’université. Son professeur, cependant, a d’autres projets. Shuhei a besoin de crédits supplémentaires, sinon il ne pourra pas obtenir son diplôme. À contrecœur, il accepte de rejoindre le club de sumo de l’université.
Mais le club ne compte qu’un seul membre, le capitaine Aoki (TAKENAKA Naoto), sur qui on ne peut pas vraiment compter. Il faut néanmoins cinq personnes pour participer à la compétition. Trouvera-t-il d’autres volontaires ? Le long et difficile chemin vers le tournoi a commencé.
Au royaume des dieux
Le sumo est bien le sport roi au Japon. Souvent bâtis comme des colosses, les sumotoris sont des forces de la nature et n’en finissent plus de captiver depuis plus d’un millénaire.
Ils étaient d’ailleurs présents il y a quelques semaines à Paris pour une exhibition exceptionnelle. Cette dernière a permis de remettre les projecteurs occidentaux sur la pratique. Elle devrait sans mal retrouver de l’attention en Europe tellement le buzz autour de l’événement a été grand.

Il faut dire que ses règles n’ont quasiment jamais changé depuis que le sport existe. Une anomalie qui fascine mais pas si extraordinaire que ça quand on sait combien les Japonais sont attachés aux traditions.
Dans Sumo do sumo don’t, c’est au-delà des capacités physiques qu’il faudra chercher la fascination.
Sumo do sumo don’t : l’esprit d’équipe
Sumo do sumo don’t fonctionne sur un scénario éculé mais qui n’en finit plus de faire ses preuves. Nous retrouvons en effet une troupe de membres mal assortis qui n’ont absolument rien à faire ensemble.

À part le capitaine, aucun ne connaît vraiment le sumo ni n’est sportif. Pourtant, une fois ensemble et avec un but commun, la graine plantée en eux se met à grandir et les fleurs qui en poussent mélangent leurs racines.

Petit à petit, la passion du sumo se fait une place dans leurs cœurs. Surtout, ils vont devenir une équipe et encore plus des amis solidaires. Le spectateur ne peut alors que les supporter dans leurs combats, qu’ils soient physiques ou psychologiques. Surtout quand ils se déroulent sur fond d’éclats de rire.
Farce et attrape le mawashi
Avant que l’équipe n’en devienne une, le spectateur va assister à sa création chaotique. Il va surtout beaucoup rire.

Tous les personnages ont ainsi un côté attachant et maladroit bien écrit. L’amoureux transi, le géant qui n’y voit rien, l’étranger qui refuse de montrer ses fesses, le tire-au-flanc, l’expert qui n’a pas le niveau et souvent pris de maux de ventre au moment de combattre…
C’est parfois au ras des pâquerettes mais fait avec tellement de talent et de sacrifice pour le bien du film que l’on ne peut s’arrêter de rire.

Ce n’est pas pour rien que Sumo do sumo don’t a reçu 5 prix aux Japan Academy Prizes à l’époque. Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur pour Masahiro Motoki, meilleur second rôle masculin pour Naoto Takenaka. Pas mal, non ?
Quelques semaines après la venue des sumotoris japonais à Paris, Sumo do sumo don’t est la comédie parfaite pour lancer son été sous le signe du rire et de la solidarité. Alors débranchez vos cerveaux et remettez votre cœur à cette troupe de marginaux qui en ont tellement à revendre.

Sumo do sumo don’t est à découvrir gratuitement en streaming sur le site du Japan Film Festival jusqu’au 2 septembre. N’hésitez pas à y regarder Shodo Girls !! et Bonsai Warrior également, autre film japonais que nous avons adoré.
– Stéphane Hubert
















































