« Une Aube nouvelle » est un véritable ravissement visuel. Le film japonais n’en oublie pas pour autant de raconter une histoire teintée de nostalgie et d’un message écologiste bienvenu. Un enchantement, tout simplement.
Une Aube nouvelle est un film écrit et réalisé par Yoshitoshi Shinomiya.
L’histoire se concentre sur la fabrique de feux d’artifice Obinata, fondée il y a 330 ans, qui risque d’être administrativement saisie pour être détruite. Keitaro, fils de l’ancien patron aujourd’hui disparu, continue d’habiter seul dans la maison.
Il y poursuit la vision de son père en travaillant sur le Shuhari, un feu d’artifice mythique représentant l’univers tout entier. Il est rejoint par son frère Chicchi et de son amie d’enfance Kaoru. Hanté par les souvenirs du passé, le trio va tenter de faire naître une nouvelle aube…
Une Aube nouvelle : une féérie éblouissante
Il y a quelques mois, la découverte de la bande-annonce du film nous avait déjà éblouis. Bonne nouvelle : le ravissement est total sur les plus d’une heure que dure le film.
Quelle beauté de bout en bout ! Nous sommes face à des tableaux aux couleurs chatoyantes, tout au service d’une nature foisonnante et merveilleuse.

Il faut dire que Yoshitoshi Shinomiya est avant tout connu pour ses talents de peintre. Et s’il signe ici son premier long-métrage, l’éclat de son coup de pinceau s’est déjà souvent exprimé sur ceux des autres.
Le Japonais a ainsi occupé le poste d’artiste d’arrière-plan sur Voyage vers Agartha ou The Garden of Words, tous deux signés Makoto Shinkai. Oui, le maître sait bien s’entourer. Et le novice est allé à bonne école pour travailler sa narration.
Les enfants ne le restent jamais…
Les trois héros de Une Aube nouvelle sont entrés dans l’âge adulte depuis quelques années. Mais le sont-ils vraiment ?

Ils se posent en effet la question et semblent tous autant qu’ils sont surtout faire face à l’absence de réponse. Tout se bouscule et cette usine qui les réunissait alors qu’ils étaient enfants s’apprête à être détruite.
Et leur enfance et les bons souvenirs de l’époque avec ?

Avec la disparition de ce bâtiment dans lequel ils ont tellement ri, peut-être n’auront-ils simplement plus le choix que d’accepter que le temps passe. Le nom du feu d’artifice sur lequel ils fantasment en est la parfaite métaphore.
Shuhari est ainsi un terme venu des arts martiaux et se rattache aux trois étapes de l’apprentissage. On suit d’abord les règles (shu), puis on s’en détache (ha) avant de créer sa propre voie (ri). Pour mieux faire face à un monde qui change ?
Rien à sauver…
Le scénario de Une Aube nouvelle n’est pas tendre avec le Japon. On est souvent admiratif devant ce pays qui prend tant soin de ses bâtiments antiques. Le Senso-ji de Tokyo ou le château d’Himeji en sont deux beaux exemples.
Oui, c’est vrai, dans les lieux touristiques, on reconstruit et on bichonne. Mais qu’en est-il dans les campagnes ?

Loin des yeux, on laisse pourrir ou on détruit. Et si vous avez eu l’occasion de vous promener dans de petites villes nippones loin du tumulte des touristes, vous en avez peut-être été les tristes témoins. « Ça ne sert à rien de défendre une ruine. » confie avec frustration Chicchi.
Ce constat est le même pour les forêts et certaines baies. Ici, une a été asséchée pour construire une mer de panneaux solaires. L’allégorie aquatique est très forte et bien trouvée par le réalisateur.
Et si l’écologie est au centre de l’histoire, elle est accompagnée d’une nostalgie de ce passé qui n’a pas toujours la chance de rester dans les mémoires.
Bienvenue dans l’oubli…
Certaines traditions ne réussissent en effet pas à survivre. Ici, celle du festival de feu d’artifice s’éteint. Elle s’accompagne hélas d’une perte d’intérêt pour un village entier.
C’est ainsi aussi en agissant comme cela que certaines villes se dépeuplent. Un premier domino tombe et en entraîne d’autres avec lui qui écrasent jusqu’à l’oubli. Mais personne ne les voit tomber, donc à quoi bon se battre ?

Pour nos trois héros, ici se trouve pourtant la guerre à mener ! Avant que se perde ce savoir, ils veulent offrir au monde un dernier coup d’éclat.
Un bouquet final qui marquera les mémoires. Une ultime aventure pour les enfants qu’ils ne cesseront jamais d’être tant qu’ils en partageront le souvenir.

Une Aube nouvelle est une envolée nostalgique aux messages forts et à la beauté époustouflante.
Après Anzu, chat-fantôme, c’est aussi une deuxième coproduction grandiose avec le Japon pour les Français de Miyu Production. La troisième, ce sera Un Monde entre nous en fin d’année. On a déjà hâte d’y être.

Une Aube nouvelle est à retrouver au cinéma en France dès le 12 août.
-Stéphane Hubert



















































