Octobre frappe à la porte et l’automne s’installe tout doucement. De quoi donner envie de passer un moment au chaud devant un bon film. Pour garder le moral, Poulpy vous propose une sélection de 16 films d’animation japonais à découvrir ou redécouvrir absolument ! Les films du studio Ghibli ne sont pas inclus à la liste. Tous inévitables par nature, ils auraient à eux seuls monopolisé l’article…

On ne présente plus les films qui suivent… Ils sont inévitables pour tout « fan » du Japon qui se respecte. Pourtant, certains vous ont peut-être passé sous le nez, ou vous voulez les faire découvrir à un public plus large, peut-être même à vos enfants ? Poulpy vous propose donc 16 films d’animation japonais inévitables pour s’enivrer de la culture parfois même avec un œil critique sur la société nippone.

Akira

Nous commençons cette liste avec ce qui est probablement l’un des films d’animation les plus culte à l’échelle internationale, Akira. L’œuvre du génialissime Katsuhiro Ōtomo (大友 克洋) sorti en 1988, prend place dans la ville de Néo-Tokyo, bâtie sur les cendres de l’ancienne Tokyo détruite par le feu nucléaire. Dès le début du film, le spectateur s’imprégnera d’une aura post-apocalyptique, dans un univers dystopique dirigé par des politiciens corrompus et une armée répressive. La ville n’est plus qu’un immense cloaque à ciel ouvert ou la misère, la criminalité et la drogue abondent.

Tetsuo, jeune homme membre d’un gang de motards est victime d’un accident en tentant d’éviter un garçon quelque peu étrange… Blessé, le jeune motard est emmené par l’armée et devient le cobaye de tests militaires secrets, qui découvriront que notre héros possède des fréquences mentales particulières, une singularité qu’il partagerait avec un certain Akira

Envie d’en savoir plus sur ce film culte ? Nous avons consacré un article très complet à l’univers d’Akira ici.

Ghost in the Shell

Oeuvre culte signée par la main du Mangaka Shirō Masamune (士郎 正宗), Ghost in the Shell est une référence en terme d’univers cyberpunk. Japon, 2029, Motoko Kusanagi alias « le Major » , est une femme ayant subi des modifications biomécaniques suite à un accident grave. Seul son cerveau est resté humain. Elle est la chef de la section 9, une section anti-criminelle des forces de police japonaises. Mais un hacker mystérieux connu sous le nom du Puppet master trouve le moyen de Hacker l’esprit humain. Commence alors une traque qui conduira notre héroïne à se questionner sur sa propre nature et celle de l’être humain… À l’instar d’Akira, Ghost in the Shell n’est pas seulement splendide sur le plan graphique, il parle de la société et de ce que nous sommes en tant qu’être-humains.

Perfect Blue

Film d’animation sorti en 1997, Perfect Blue (パーフェクトブル) signé du Mangaka et réalisateur Kon Satoshi (今 敏,), nous narre l’histoire de Mima, chanteuse de J-pop extrêmement populaire. Trop populaire ? Soucieuse de faire évoluer sa carrière d’une autre manière, celle-ci finira par quitter son groupe afin de devenir actrice dans une série télévisée. Ses deux agents continuent à collaborer avec elle, quand bien même l’une des deux, Rumi, elle-même ancienne chanteuse, se montre plus réticente envers la nouvelle direction que prend Mima… Un jour, Mima reçoit un étrange fax anonyme menaçant… Une lettre qui sera annonciatrice d’une série de meurtres visant des personnes liées à l’artiste.

Perfect Blue est un chef d’œuvre narratif si puissant qu’il fait perdre pied avec la réalité. C’est d’ailleurs lui qui a directement inspiré le film hollywoodien Black Swan. Pour en savoir plus, nous vous proposons un article détaillé plongeant dans les méandres de ce thriller psychologique intense : https://japanization.org/7-raisons-de-revoir-perfect-blue/

Metropolis

Metropolis (メトロポリス) sorti en 2001, est une adaptation animée basée sur le manga du même nom enfanté par feu le grand Mangaka Osamu Tezuka (手塚 治虫), considéré comme l’un des maîtres absolus du domaine. Celui-ci attirera particulièrement l’attention des fans d’Azimov par les problématiques post-modernes qu’il soulève à travers la science-fiction.

Metropolis est une ville futuriste ou vivent en cohabitation les humains et les robots, dans une sorte d’apartheid ou chacun vit dans un espace bien délimité. Et mieux vaut tenir sa position. Un inspecteur et son neveu enquête sur un savant accusé de verser dans le trafic d’organe : le docteur Laughton, travaillant dans l’ombre pour l’homme le plus puissant de la cité. L’homme a chargé le docteur de créer un robot de nouvelle génération reprenant les traits de sa défunte fille prénommée Tima. Ce robot serait la clé d’une arme de destruction massive devant assouvir les désirs de pouvoir du dirigeant, mais le docteur Laughton se fera soudainement assassiné, et notre robot se retrouvera perdue dans l’immense citée…

L’ambiance Jazzy viendra renforcer ici une histoire policière dans la plus pure tradition des films monochromes américains post WW2, donnant un aspect rétro futuriste à l’œuvre. Pour couronner le tout, la B.O. est une merveille que nous vous invitons à savourer, un verre de whisky à la main coiffé de votre plus beau Borsalino.

Millennium Actress

De son titre japonais 千年女優, Sennen joyū, nous conte l’histoire de Chiyoko Fujiwara, ancienne étoile du cinéma national. Maintenant très âgée et écoulant une retraite bien méritée, elle reçoit la visite d’un journaliste venu l’interviewer sur sa vie. Celui-ci remet une clé à l’actrice, qu’elle avait perdue il y a trente ans de cela. Une clé qu’elle avait reçue d’un bien étrange inconnu qu’elle passa sa vie à tenter de retrouver jusqu’à ce jour. Commence alors le récit de la vie de l’actrice, et de sa recherche de ce mystérieux inconnu…

千年女優 est un film trop peu connu du grand public en dehors du Japon. Pourtant, il s’agit d’une perle du cinéma d’animation nippon, tant sur le fond que sur la forme. Bourré de références culturelles et historiques, le film laisse comme un goût de nostalgie même pour les personnes non-japonaises.

Ninja Scroll

Ninja Scroll, où Jūbei ninpūchō (獣兵衛忍風帖) en version originale, écrit et réalisé par Yoshiaki Kawajiri (川尻 善昭) et sortie en 1993, nous transporte dans un Japon médiéval tourmenté.

Une Kunoichi du nom de Kagero est envoyée avec un détachement de ninjas afin de mener l’enquête sur un village ravagé par une épidémie de peste. Mais ceux-ci se feront décimer sur place par une entité démoniaque faisant partie d’un groupe de huit démons répartis sur tout le territoire. De ce massacre sera sauvée Kagero, par le Ronin solitaire Jubei Kibagami. Nos deux protagonistes seront alors contraints par un agent du gouvernement à éliminer chacun des huit démons, dans une quête s’annonçant particulièrement ardue et initiatique…

Roujin-Z

老人Z, Roujin Z, est un film d’animation japonais de Hiroyuki Kitakubo (北久保 弘之), réalisateur et scénariste d’animé de son état. Sorti en 1991, le film nous transporte dans un futur proche (vu depuis le prisme des années 90) ou l’humanité est à son paroxysme en termes de confort. Seul persiste un problème difficilement solvable : le vieillissement de la population japonaise qui fait peser une menace sur la stabilité et la pérennité de la civilisation.

Afin de faire face au manque de travailleurs est créé une machine nommée « Z-001 » afin de prodiguer tous les soins dont ont besoin les vieillards. Un homme du nom de Kijuro Takazawa est choisi comme cobaye afin de tester le prototype, bien que celui-ci aurait préféré rester avec son infirmière habituelle, la jeune Haruko. Mais l’expérimentation ne se passera pas comme prévu et le vieil homme finit par fusionner avec la machine.

Roujin Z est probablement notre film d’animation classique préféré. Il touche à des thématiques sensibles comme celui de la fin de vie, rarement abordés de front dans les films d’animation grand public. Il vous fera peut-être même verser une larme à la fin, sans parler de cet atmosphère nostalgique d’un Japon des années 90 qui n’existe plus aujourd’hui. Une hésitation ? Regardez ce fabuleux clip artistique réalisé avec les images du film (spoiler) :

Tokyo Godfathers

東京ゴッドファーザーズ en version originale était réalisé par Satoshi Kon (今 敏) en 2003. Trois sans abris aux destins différents partagent une vie dans les rues de Tokyo : Gin, un homme ayant tout perdu, Miyuki, une adolescente en fugue et Hana, une femme transgenre. Un jour, nos trois protagonistes trouvent un bébé abandonné dans les ordures, avec une clé de consigne de gare dans son couffin. Commencera alors une quête riche en rebondissements, afin de retrouver la mère de l’enfant, qui confrontera tour à tour nos héros aux fantômes de leurs passés respectifs… Touchant, méconnu, immanquable.

Vampire Hunter D

Sorti en 1985, ce film d’animation réalisé par Toyoo Ashida nous raconte l’histoire d’un homme sobrement prénommé « D » , mi-homme mi-vampire, dans un futur ou l’humanité est revenu à un type de civilisation médiéval. Les vampires règnent en maître et terrorisent les mortels dans des villages reculés. Le comte Magnus Lee, un vampire vieux de 10 000 ans, commet de nombreuses attaques mortelles sur des humains. Notre héros est envoyé sur place afin de combattre la menace que fait planer le comte plurimillénaire sur les habitants du village.

Un « must-see » pour les fans de Castlevania, Van Helsing ou de Bram Stoker !

Interstella 5555

Film culte alliant les graphismes du géniteur d’Albator Leiji Matsumoto (松本 零士) et une bande originale signée par le fameux groupe Français Daft Punk, tirée du cultisme album discovery. Sortie en 2003, le film commence par un concert ou quatre musiciens extraterrestres jouent le titre que nous ne présentons plus : One more time.

Mais le groupe se fait soudainement enlever par un mystérieux personnage. L’alerte est lancée : Shep, un ami du groupe, se lance à leur secours dans un voyage qui les conduira jusqu’à notre planète, la terre. Le tout, nous le rappelons, rythmé par le concept-album discovery qui fut par ailleurs un succès mondial. Une claque à la fois visuelle et sonore ! La consécration d’une vie pour Leiji Matsumoto, âgé de 84 ans au moment où nous écrivons ces lignes.

Steamboy

Steamboy (スチームボーイ) sortie en 2004 et réalisé par Katsuhiro Ōtomo (大友 克洋) est un film à l’ambiance steampunk dans une réalité alternative d’un Londres du XIXe siècle.

Toute la technologie s’articule autour de la machine à vapeur, qui fut créée par le père et le grand-père de notre protagoniste, Ray Steam. Celui-ci n’a plus de nouvelles de ses aïeux depuis que ceux-ci sont partis pour l’Amérique depuis quelques mois. Mais un beau jour, Ray reçoit un colis contenant une boule métallique étrange. Mais deux hommes faisant partie d’un centre de recherche finançant les travaux de son père et grand-père, tentent de s’en emparer, mais Ray parvient à s’enfuir…

Lupin III: The Castle of Cagliostro

ルパン三世 カリオストロの城 (Lupin III) en version originale est un film de celui que l’on ne présente plus, Hayao Miyazaki, sortie en 1979. Et il fut son tout premier long métrage ! Et pour un coup d’essai, le moins que l’on puisse dire est que ce fut un coup de maître.

L’histoire nous permet de suivre les péripéties d’Edgar de la Cambriole, alias Lupin III, qui n’est autre que le petit-fils du grand Arsène Lupin. Celui-ci parvient à mettre la main sur le contenu du coffre-fort du casino de Monte-Carlo avec l’aide de son complice Jigen. Mais à leur grande surprise, les billets sont des faux ! Notre héros va alors se mettre en tête d’enquêter sur le puissant comte de Cagliostro, dirigeant la principauté éponyme…

Galaxy Express 999

Galaxy Express 999 (銀河鉄道999) sortie en 1979 et produit lui aussi par Rintaro et réalisé par Leiji Matsumoto, dont la patte graphique est reconnaissable entre toutes. L’humanité est devenue décadente, et ne songe qu’à une chose : atteindre l’immortalité. Et c’est une chose désormais possible ! En effet il existe une planète de métal du nom de Mégalopolis où l’on peut s’offrir un corps robotique, mais le seul moyen d’y accéder est à bord du train station 999.

Notre jeune héros du nom de Tetsuro en aurait bien besoin : témoin de la mort de sa mère assassinée par le comte mécanique, notre jeune héros souhaite rejoindre Mégalopolis afin de devenir lui aussi immortel, et de venger sa mère…

Patlabor: The Movie

機動警察パトレイバー 劇場版 (Kidō keisatsu patoreibā gekijōban) en version originale. Ce film d’animation de 1989 réalisé par Mamoru Oshii (押井 守) nous plonge dans un Tokyo de 1999, en plein aménagement du territoire dans la baie de la ville afin de répondre à la demande croissante en termes d’espace vital. Ce projet urbain d’envergure se fait avec l’utilisation de Labor, de gigantesques robots piloté par des humains.

Mais des incidents se multiplient : des labors se mettent à agir sans être piloté ni dirigé par qui que ce soit, ce qui peut provoquer de graves problèmes de sécurité. Très vite, l’escadron 2 de la police de la mégalopole lance l’enquête sur les étranges phénomènes…

Dans un recoin de ce monde

 

Préparez du Sopalin, ce n’est pas une histoire pour les âmes sensibles. Réalisé par Sunao Katabuchi (片渕 須直), ce film d’animation de 2016 s’intitule dans sa version originale この世界の片隅に, Kono sekai no katasumi ni.

L’histoire prend place entre Hiroshima et Kure en 1944, autour des tragiques événements qu’on connu la ville martyre. Suzu se voit marié à un jeune homme inconnu, Shusaku, et part le rejoindre à Kure à seulement 20 km de Hiroshima. Mais l’ombre de la guerre plane sur le pays, et très vite, nos héros devront faire face aux restrictions et aux préparatifs qu’implique une telle menace… Naturellement, chacun sait ce qu’il va advenir de la région dans les mois à venir.

Paprika

On terme avec un chef d’œuvre. Sorti en 2006 et réalisé par Satoshi Kon (今 敏), ce film est une adaptation d’un Thriller psychologique de 1993, les limitations du réel en moins.

Un nouveau traitement paramédical expérimental du nom de PT vient de voir le jour. Celui-ci permet de sonder les rêves et de les retracer sous forme de film afin de mieux comprendre les traumatismes subis par les cobayes. La technologie permet entre autres au thérapeute d’entrer dans les rêves des patients sous la forme d’alter-égo. Un jour, les 3 prototypes sont volés par des personnes mal intentionnées cherchant à manipuler leurs victimes en entrant dans leur inconscient… Un Inception bien avant l’heure qui défie les lois de l’imagination !

Paprika est un petit bijou visuel qui n’hésite pas à pointer quelques dérives de la société japonaise. À voir absolument.

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– Gilles CHEMIN & Mr Japanization